A l’occasion du 8 mars, Journée Internationale des droits des femmes, l’Abrapa a souhaité mettre à l’honneur celles qui représentent 93 % de nos effectifs et œuvrent au quotidien auprès de nos clients, patients et résidents.

Qu’elles travaillent au domicile des personnes aidées ou en établissement, sur le terrain ou au centre administratif, à un poste d’aide, de soin ou de management, dans le Bas-Rhin ou dans nos territoires, ELLES nous racontent leurs parcours et leur rapport au travail dans une série de portraits.


1. Petite fille, quel métier rêviez-vous de faire ?
Je voulais être vétérinaire ou infirmière parce que j’adore les animaux et prendre soin des autres. Infirmière car c’était des études plus courtes mais finalement en ayant fait des stages en EHPAD la vue du sang me faisait un peu tourner de l’œil, j’étais peut-être un peu trop empathique et jeune sur le moment donc je ne me suis pas lancée dans cette formation.

2. Votre parcours professionnel : ligne droite ou chemins détournés ?
De mon propre ressenti c’était plutôt des chemins détournés car je me suis longtemps cherchée mais il y avait toujours cette dominante avec l’humain. J’ai fait un Bac pro ASSP, un CAP Petite Enfance puis un BTS ESF donc j’ai testé plusieurs facettes du domaine médico-social et de la santé. J’en ai testé des choses car après j’ai fait une licence en sociologie. J’ai ensuite pris une année de césure où j’ai préparé mon projet professionnel, j’en ai profité pour voyager (Turquie, Bali et Budapest), découvrir de nouvelles cultures et m’ouvrir l’esprit. Et après je me suis tournée vers un Master en Ressources Humaines à la suite d’un bilan réalisé à l’Université. Je me suis rendue compte que ça pourrait me permettre de concilier l’aspect relationnel et l’humain mais aussi de pouvoir me fixer des objectifs et répondre aux besoins d’une entreprise ce qui est assez challengeant ! J’ai obtenu mon poste actuel à l’Abrapa directement après mes études. À savoir que je travaillais déjà quelques heures par semaines et les week-ends à l’Abrapa depuis ma 2ème année de BTS (vers mes 19 ans) comme aide à domicile. J’aimais bien ce que je faisais (entretien du cadre de vie, aide à la toilette) car un lien s’est créé avec les bénéficiaires et les proches aidants.

3. Les trois mots qui résument votre métier aujourd’hui ?
Persévérance, optimisme et écoute.

4. Être une femme dans votre métier ça change quelque chose ou pas ?
Non car dans le domaine des RH il y a principalement des femmes et ce même au niveau du parcours de formation (2 hommes pour 28 femmes dans une promotion).

Mais cela dépend de ton interlocuteur, ses mœurs, sa façon de penser. Quand j’ai fait mon alternance en agence d’intérim je travaillais principalement avec des candidats et managers pour des postes dans le transport et la logistique. Lors des échanges, certains candidats me disaient « je vous parle des aspects techniques etc mais vous ne savez pas de quoi il en retourne ». C’est là où je répondais que je m’étais renseignée en amont, que je voyais de quoi ils parlaient mais que certes je ne peux pas tout comprendre comme je ne fais pas ce métier là mais que je peux essayer.

5. Dans votre métier, vous êtes plutôt :
a. Tenace comme Hilary Swank dans Million Dollar Baby
b. Empathique comme Amélie Poulain
c. Battante comme Lara Croft
d. Exigeante comme Miranda Priestly dans le Diable s’habille en Prada
Il faut un peu une dose de tout : battante afin de dénicher le candidat idéal, exigeante car ça fait partie de ma nature et tenace dans le sens où dans le recrutement il ne faut pas se décourager si on ne trouve pas un candidat directement.

6. Pensez-vous avoir les mêmes perspectives d’évolution qu’un homme ?
Ce n’est pas le genre de questions que je me pose car si je commence à me les poser je vais moi-même me mettre un frein. Je pars du principe où on devrait tous être jugé au même niveau sur les compétences professionnelles. Ce n’est pas impossible si on est compétent avec une dose de persévérance et de confiance en soi de pouvoir évoluer.

7. Si je vous parle rapport vie pro/vie privée, vous êtes plutôt :
a. Marmots, boulot, fourneaux

b. Running, working, shopping
c. Famille sous mon toit, emploi, temps pour soi
d. Accro au boulot
Plutôt boulot, apéro et bon restau car j’aime bien partager des moments simples autour d’un verre avec mes amis et ma famille.

8. Dans votre vie professionnelle, avez-vous vécu des situations particulières liées à votre statut de femme ?
Non je n’ai pas d’exemple de situations particulières à donner.

 9. Retour dans le passé, quels conseils donneriez-vous à la jeune Chloé qui débute ? Et à vos jeunes collègues ?
Je leur dirais (aux jeunes et à Chloé) qu’il faut avoir confiance en soi, se lancer et éviter de trop réfléchir. Parce que si on n’ose pas se lancer on ne sait pas de quoi nous sommes capables et on ne fera rien. Si on en revient un peu à mon parcours professionnel, je me suis peut-être longtemps cherché mais au final c’est en se lançant dans de nouveaux projets en essayant d’autres choses que j’ai trouvé ma voie et que j’ai construit mon chemin. Si on a une intuition il faut essayer pour ne pas avoir de regrets. Il faut croire en soi, il n’y a pas de raison que ça n’arrive qu’aux autres ! C’est une question de travail aussi, il n’y a pas que de la chance.

10. Journée internationale des Droits des Femmes, pour vous, nécessaire ou pas ?
Oui parce que même si je l’ai pas forcément ressenti directement dans le cadre professionnel ou privé on sait que ça existe. Ce n’est pas pour rien qu’on parle parfois de plafond de verre dans les entreprises. Cela peut permettre à certains de faire évoluer les pensées, les préjugés et en même temps j’aurais tendance à dire que c’est dommage qu’on soit obligé de mettre en place ce type de journée pour rappeler que les femmes ont toutes ces compétences d’adaptation, de résilience, de combativité. Bien qu’il y ait déjà une certaine avancée ces dernières années, il y a peut-être une marge de progrès sur l’accès à des fonctions de direction. L’Abrapa se tourne vers cette démarche d’égalité car il y a aussi des femmes au sein de la direction.

11. Vous vous réveillez homme demain matin, quelles sont les premières choses que vous faites ?
Je pense que si j’étais un homme, j’oserais plus rappeler les règles de savoir vivre ensemble aux personnes qui manquent de civisme car on est tous égaux et on se doit le respect mutuel. Mais plus honnêtement, je vais aux toilettes pour connaître l’effet.

12. En finalité, être une femme dans la vie professionnelle : atout, mauvaise pioche ou joker ?
Pour moi si on va vers une égalité hommes/femmes, il n’y a pas d’atout, de joker ou de désavantage. Puisque si je veux qu’on soit au même niveau je ne peux pas considérer qu’il y a une différence de base. J’aimerais plutôt dire que je suis un individu au sein d’une entreprise. Mais je peux me démarquer de façon individuelle en étant soit une femme soit un homme par mes compétences et mon implication dans l’entreprise. C’est plutôt comme ça que je vois la chose.