A l’occasion du 8 mars, Journée Internationale des droits des femmes, l’Abrapa a souhaité mettre à l’honneur celles qui représentent 93 % de nos effectifs et œuvrent au quotidien auprès de nos clients, patients et résidents.

Qu’elles travaillent au domicile des personnes aidées ou en établissement, sur le terrain ou au centre administratif, à un poste d’aide, de soin ou de management, dans le Bas-Rhin ou dans nos territoires, ELLES nous racontent leurs parcours et leur rapport au travail dans une série de portraits.


1. Petite fille, quel métier rêviez-vous de faire ?
Vétérinaire

2. Votre parcours professionnel : ligne droite ou chemins détournés ?
Totalement chemins détournés ! Parce que les choses de la vie ont fait que j’ai dû prendre un travail très très jeune. J’ai travaillé en usine pendant plus de 20 ans (2×8, équipe de nuit…). Au moment de mon divorce j’ai travaillé les week-ends à l’usine et la semaine j’ai gardé des enfants pour pouvoir subvenir aux besoins des miens. Au moment de mon licenciement économique je suis retournée à l’école pour faire une remise à niveau (études en administratif, compta-gestion) et j’ai postulé à l’Abrapa pour un remplacement d’été et cela fait maintenant 10 ans que j’y suis. J’ai commencé comme agent d’accueil, après je suis passée secrétaire et aujourd’hui je suis assistante technique.

3. Les trois mots qui résument votre métier aujourd’hui ?
Chiffres, impayés et détermination.

4. Être une femme dans votre métier ça change quelque chose ou pas ?
Non franchement je ne pense pas mais en même temps je n’ai jamais vu d’homme à ce poste. Si parfois les gens au téléphone avaient un homme au bout du fil, c’est bête mais ils seraient surpris, se permettraient peut-être moins de choses.

5. Dans votre métier, vous êtes plutôt :
a. Tenace comme Hilary Swank dans Million Dollar Baby
b. Empathique comme Amélie Poulain
c. Battante comme Lara Croft
d. Exigeante comme Miranda Priestly dans le Diable s’habille en Prada
J’hésite entre la première et la dernière mais comme il faut donner qu’une réponse la 1) « Tenace comme Hilary Swank dans Million Dollar Baby ». Cela se rapporte à ma passion car je pratique et j’enseigne la boxe. Ça m’aide dans mon métier et mon quotidien et ça m’a appris plein plein de choses. J’ai commencé la boxe pour faire plaisir et accompagner une de mes filles. J’avais besoin d’évacuer. La boxe m’a permis de me vider la tête et de relativiser les choses. Dans le sport aussi j’ai repris mes études pour devenir coach ; j’ai eu mon diplôme l’année dernière. En boxe on apprend sur le tas en club, j’ai appris pendant 7 ans. Je suis allée au CREPS de Nancy pendant 2 ans du vendredi au dimanche en travaillant la semaine ici. J’ai un diplôme reconnu par la fédération nationale de boxe et l’année prochaine j’entame l’examen supérieur. Je suis arbitre et juge également.

6. Pensez-vous avoir les mêmes perspectives d’évolution qu’un homme ?
Oui je le pense. Cela dépend beaucoup du chef de service.

 7. Si je vous parle rapport vie pro/vie privée, vous êtes plutôt :
a. Marmots, boulot, fourneaux

b. Running, working, shopping
c. Famille sous mon toit, emploi, temps pour soi
d. Accro au boulot
Running, working, shopping.
Mes enfants sont grands alors je profite. Pour être bien avec ses enfants, il faut être bien soi-même et il faut savoir penser à soi.

8. Dans votre vie professionnelle, avez-vous vécu des situations particulières liées à votre statut de femme ?
Oui, des expériences pas agréables. En revanche, je n’ai jamais ressenti de manque de légitimité.

 9. Retour dans le passé, quels conseils donneriez-vous à la jeune Karine qui débute ? Et à vos jeunes collègues ?
A moi plus jeune : crois en toi.
A la nouvelle génération : qu’il faut être curieux dans la vie, ne pas avoir peur de chercher, de faire une bêtise. Oser tout simplement.

10. Journée internationale des Droits des Femmes, pour vous, nécessaire ou pas ?
Malheureusement oui. La femme devrait être l’égale de l’homme mais ce n’est pas le cas.
Le monde de la boxe est un milieu très masculin. Il y a de nombreuses femmes qui pratiquent ce sport et pourtant il arrive qu’il n’y ait pas de vestiaires pour femmes, seulement des vestiaires pour hommes par exemple. Nous sommes aussi très peu nombreuses à suivre les formations pour devenir coach. Le premier combat que j’ai arbitré on m’a dit « retourne danser » ce à quoi j’ai répondu « Je vous accorde la première danse dès que je descends du ring ».
A l’Abrapa, je ne sens pas de différences. Je me sens bien dans mon équipe et avec mon responsable. Pour la première fois de ma carrière, je me sens à ma place et on m’exprime de la reconnaissance.

11. Vous vous réveillez homme demain matin, quelles sont les 3 premières choses que vous faites ?
Honnêtement je me sens bien en tant que femme, je ne voudrais pas être un homme. Avec le temps, je me sens même de mieux en mieux en tant que femme. Je suis comme je suis.

12. En finalité, être une femme dans la vie professionnelle : atout, mauvaise pioche ou joker ?
Cela dépend de la personnalité de chaque femme et du responsable.
On est acteur de notre vie. Si l’on veut que les choses changent, ça peut mettre du temps mais on y arrive.