A l’occasion du 8 mars, Journée Internationale des droits des femmes, l’Abrapa a souhaité mettre à l’honneur celles qui représentent 93 % de nos effectifs et œuvrent au quotidien auprès de nos clients, patients et résidents.

Qu’elles travaillent au domicile des personnes aidées ou en établissement, sur le terrain ou au centre administratif, à un poste d’aide, de soin ou de management, dans le Bas-Rhin ou dans nos territoires, ELLES nous racontent leurs parcours et leur rapport au travail dans une série de portraits.


1. Petite fille, quel métier rêviez-vous de faire ?
Paysagiste.

2. Votre parcours professionnel : ligne droite ou chemins détournés ?
Ligne droite puisque je n’ai bossé qu’à l’Abrapa. J’étais arrivée pour remplacer un congé maternité et puis je ne suis pas repartie du coup [rires]. Ça fait 10 ans cette année !

Avant d’arriver à l’Abrapa, j’ai fait un DUT « Génie Industriel et Maintenance », puis une licence professionnelle « Techniques Avancées de Maintenance » en alternance.

A la base j’ai fait ça parce que je ne savais pas quoi faire et que je n’étais pas très studieuse. C’était vraiment un cursus très général et je ne savais pas du tout ce que j’allais faire comme boulot après ça. Je me suis dit « dans quels métiers y a-t-il des débouchés? » et les conseillers d’orientation disaient « ah ça c’est bouché, ça c’est bouché…par contre dans la gestion des bâtiments et la maintenance il y a toujours de la demande », du coup j’ai fait ça. Comme le DUT m’a plu, j’ai même pu aller au Canada en stage, ce qui a été une excellente expérience et m’a donné cette envie de voyage qui ne m’a  plus jamais quittée. Après j’ai fait ma licence et j’aurais peut être bien continué mais l’Abrapa est passée par là et c’est très bien.. du coup ligne droite !!!

3. Les trois mots qui résument votre métier aujourd’hui ?
Équipe, rigueur, diversité.

4. Être une femme dans votre métier ça change quelque chose ou pas ?
Oui, clairement. Parce que c’est plus difficile de se faire respecter, pas tant par les agents techniques mais surtout par les entreprises avec qui on travaille. Après ce n’est pas bloquant, parce que quand tu sais respecter l’ancienneté et les compétences de chacun, et que tu sais aussi montrer que tu maitrises le sujet et que tu as fait des études là-dedans ça fonctionne…mais c’est plus long. Au départ j’ai eu pas mal de réflexions un peu machistes « Ah une femme qui fait ce métier ? A votre âge en plus ?… » C’est comme une course de fond, tu ne peux pas tout de suite arriver avec tes gros sabots, il faut vraiment que tu démontre ta compétence calmement et que tu bosses dur. A contrario, je pense qu’un homme pourrait arriver comme ça et que même s’il ne connaissait rien techniquement, ça passerait plus facilement. Mais bon, le challenge est chouette du coup.

5. Dans votre métier, vous êtes plutôt :
a. Tenace comme Hilary Swank dans Million Dollar Baby
b. Empathique comme Amélie Poulain
c. Battante comme Lara Croft
d. Exigeante comme Miranda Priestly dans le Diable s’habille en Prada
Je dirais empathique et tout de même battante, oui.
« Empathique » parce qu’effectivement je pense être à l’écoute des demandes des résidents et… finalement de tous les services. C’est essentiel d’être à l’écoute des autres.
« Battante » dans le sens où justement il faut toujours un peu se bagarrer pour motiver les troupes dans un service comme le nôtre où avec les agents techniques, le quotidien est rythmé par les imprévus. Il faut se dire « ok là ça fait beaucoup de choses à gérer, mais voilà on est un service support, on va le faire et on va réussir ensemble parce qu’on est une équipe soudée. » Ça c’est un petit peu mon combat quotidien.

6. Pensez-vous avoir les mêmes perspectives d’évolution qu’un homme ?
Oui au sein de l’Abrapa.
En dehors de l’Abrapa ? Plus compliqué mais je pense qu’avec toute la diversité de mon job à l’Abrapa et l’expérience acquise, j’ai bien agrémenté mon CV et qu’à l’extérieur je peux donc prétendre à certains postes. Mais évidemment je serais moins bien placée qu’un homme. Sur des postes de Directeur des Services Généraux ou équivalents, il y a encore beaucoup d’a priori. Cela est peut-être dû aussi encore à mon âge mais c’est clair que d’évoluer depuis 10 ans à l’Abrapa cela me donne une certaine légitimité que je n’aurais pas forcément eue en dehors en étant une femme.
De toute façon, je pense que si je partais de l’Abrapa, je ne ferais pas le même boulot. Je pense que je me lancerais dans une formation de paysagiste ou quelque chose comme ça. Je prendrais un virage à 360° c’est clair.

7. Si je vous parle rapport vie pro/vie privée, vous êtes plutôt :
a. Marmots, boulot, fourneaux

b. Running, working, shopping
c. Famille sous mon toit, emploi, temps pour soi
d. Accro au boulot
Je ne dirais pas « shopping » mais « running, working » oui pourquoi pas ! [rires]
Et « Temps pour soi » quand même, c’est important. Aller marcher, voir ses amis et sa famille, voyager…c’est indispensable.

8. Dans votre vie professionnelle, avez-vous vécu des situations particulières liées à votre statut de femme ?
Remarques sexistes, machistes… lors d’échanges avec des entreprises.
Mais sinon dans le cadre de l’Abrapa il y a toujours eu beaucoup de respect. Et puis avoir une équipe uniquement composée d’hommes ça a aussi ses avantages. Même s’il faut se faire un peu respecter, c’est plus franc.

 9. Retour dans le passé, quels conseils donneriez-vous à la jeune Yolaine qui débute ? Et à vos jeunes collègues ?
A Yolaine : être battante dans son poste, montrer ce qu’on vaut et ne pas se laisser déstabiliser par des remarques machistes, selon son cadre de travail. Savoir être à l’écoute et au service des autres sans oublier de fixer des limites.

Aux jeunes femmes : Qu’est-ce que je donnerai comme conseils à mes petites sœurs par exemple ? Il faut être créative, croire en ses capacités et en ses qualités en tant que femme dans le milieu du travail. Ne jamais oublier qu’on fait partie d’un groupe, que ce soit une entreprise, une association, la société. Pour moi c’est la plus grande et belle valeur : l’esprit d’équipe. Le fait d’avoir fait deux sports collectifs (football et rugby) m’a vraiment appris à évoluer dans ce sens.

10. Journée internationale des Droits des Femmes, pour vous, nécessaire ou pas ?
Oui je pense que c’est nécessaire. En France, on peut se poser aujourd’hui la question parce qu’effectivement on entend souvent dire qu’il faudrait que ce soit « égalité toute l’année » et que cette journée devrait disparaitre. Je suis d’accord sur le fond mais je me dis aussi « pourquoi pas ? »puisque tout dépend ce qu’on en fait. Si c’est pour recevoir une rose, je dis non ! Par contre, c’est toujours l’occasion de mettre en avant des chiffres et des situations au niveau mondial et de faire bouger les choses.   

11. Vous vous réveillez homme demain matin, quelles sont les premières choses que vous faites ?
Je me questionnerai sur quelle est ma place aujourd’hui dans la société. Je pense que je me réveillerai et je me dirai « purée si les femmes gagnent autant que moi et aspirent aux mêmes postes, comment je vais faire pour me distinguer ? ».

12. En finalité, être une femme dans la vie professionnelle : atout, mauvaise pioche ou joker ?
C’est un atout !
Il y a souvent une sensibilité un peu différente. Dans mon travail, mes collègues se sentent écoutés et estimés et je pense que c’est très important pour eux. Pour le reste, joker, homme ou femme peu importe ! A chacun ses qualités, n’oublions pas que l’union fait la force.

Autant en sports collectifs que dans toutes mes expériences de vie, je me bats pour le respect des femmes. Je n’ai pas choisi les sports les plus « féminins » et je me suis toujours battue pour mettre en avant les atouts qu’ont les femmes pour faire ce genre de sports. J’ai essayé de reproduire la même chose au travail.
Dans ces sports, j’ai eu beaucoup de remarques « oh mais les filles, elles ne font pas de rugby, c’est trop violent, c’est un sport de mec ». Mais ça ne va pas plus loin que ça parce qu’il n’y a pas d’arguments. On va quand même boire une bière à la fin du match, c’est comme vous ! [rires]

Pour conclure, les Droits des Femmes dans le monde ça me touche beaucoup, l’égalité, la pratique de tous les sports par toutes les femmes, peu importe les nationalités, les religions. On est tous égaux : hommes et femmes et dans une société plutôt individualiste c’est important de le rappeler quotidiennement !