Audrey est gouvernante depuis 2012 à l’EHPAD Abrapa Illkirch.

Depuis le 19 mars dernier, du fait du confinement et parce qu’elle fait partie de la population fragile, Audrey s’est vue confinée et dans l’obligation de travailler depuis chez elle.

En l’espace d’une journée, le service informatique lui a mis à disposition les outils pour gérer son équipe à distance via GEOCOM. Si notre service informatique fait des miracles, il ne peut cependant pas aller au-delà de ce que lui permettent certains logiciels. En conséquence, Audrey s’est vue contrainte de communiquer sur certains sujets via sms et par téléphone pour informer son équipe des directives quotidiennes.

Il ne fait aucun doute pour Audrey que la réussite de son équipe en cette période de crise sanitaire est le résultat du travail réalisé durant ces huit dernières années. Une collaboration de fond a permis l’instauration d’un climat de confiance indispensable lorsque l’on travaille à distance.

Si l’équipe d’Audrey est particulièrement fidèle et stable, la crise sanitaire l’a néanmoins contrainte à recruter des agents des services logistiques. Les conditions de travail l’ont amené à recruter par téléphone ; Audrey a donc des collaborateurs qu’elle n’a jamais vus ! Et portant, tout fonctionne comme sur des roulettes car son équipe habituelle a veillé à une bonne intégration des nouveaux.

Malgré la bienveillance, l’efficacité et le professionnalisme de son équipe, Audrey ressent une frustration due à son éloignement. Elle sait bien que son équipe comprend la situation mais pour autant, Audrey se sent « abandonner le navire ». Pas seulement vis-à-vis de ses collègues mais aussi vis-à-vis des résidents. Certes, elle participe aux transmissions par téléphone mais cela ne lui suffit pas pour être sereine.

Pour se sentir utile, Audrey a œuvré pour dénicher des masques et gels hydroalcooliques lorsqu’il en manquait. Pour les résidents, elle a convaincu un partenaire de leur offrir des fleurs et a fait livrer à ses collègues une fois par semaine des fruits et chocolats par une grande surface et un pâtissier. Le bien-être des autres est clairement une priorité pour notre gouvernante !

Audrey s’est donc vue du jour au lendemain à gérer les plannings et les soucis du quotidien dans son chez elle en découvrant les joies et les affres du télétravail : son mari était également en télétravail et il a fallu, après quelques essais, effectuer des aménagements en termes de pièces dédiées au travail et de gestion du temps. Si toute cette organisation visait à satisfaire au mieux leurs employeurs, c’était sans compter avec leur fils de 3 ans et demi. Pour leur bout de chou, incompréhensible que Maman et Papa soient à la maison pour autre chose que pour jouer ! Au final, Audrey et son mari ont décidé de dédier à tour de rôle 1h à leur enfant. Pourtant Audrey dit qu’elle met un point d’honneur à répondre à ses mails dans l’heure ! En résumé, le télétravail pour Audrey, a consisté à travailler tôt et tard et à faire des compromis qui n’ont malheureusement pas évité les conséquences que de nombreuses Mamans rencontrent dans cette situation : le coucher est devenu de plus en plus difficile car, si son fils a bien compris l’existence du « microbe », cela ne lui en ôte pas pour autant ses angoisses.

Au-delà de la compréhension de sa Directrice et de son équipe qu’elle remercie chaleureusement, Audrey a profondément ressenti la solidarité entre les gens, entre collègues, durant cette période de confinement qu’elle a vécue comme une période de recentrage où on se pose des questions. Son plus grand souhait serait que personne n’oublie cette période, que l’on s’en souvienne à jamais et pour toujours et surtout, que cette solidarité perdure.

Audrey insiste sur sa fierté de travailler à l’Abrapa et d’avoir la chance de collaborer avec une équipe FORMIDABLE. Elle compte les jours et les minutes avant de pouvoir, enfin, retrouver « son EHPAD ».