Melody est auxiliaire de vie sociale à l’antenne de Haguenau et s’occupe prioritairement de cinq bénéficiaires. Melody a choisi son métier par vocation et a toujours su qu’une forme d’autonomie et d’isolement ferait partie de son quotidien.

Ce qui a été le plus difficile pour elle durant cette crise sanitaire jusqu’à maintenant a été LA SOLITUDE.

Bien qu’elle comprenne parfaitement l’obligation de la distanciation sociale, Melody s’est quelque peu sentie démunie devant la tristesse de ses « papy, mamie » qui ne pouvaient pas voir leurs proches. En quelque sorte, Melody était leur lien à la vie. Elle a assisté, presque impuissante, à la dégradation de l’état physique et mental de ses protégés. Elle a su gérer la situation avec professionnalisme et bienveillance mais… à quel prix pour elle ? Une de ses bénéficiaires, une dame d’origine libanaise, est décédée durant cette période d’une pathologie lourde non liée au Covid-19. Si les décès font partie du métier, Melody, sensible au respect des cultures, regrette infiniment la solitude du départ de cette dame. Pourtant, pleine de ressources, elle a accompagné au mieux la famille de la défunte.

La solitude, elle l’a aussi ressenti par rapport à ses collègues. A l’antenne de Haguenau, des réunions « cas lourds » se tiennent habituellement régulièrement. Or, plus question de se réunir. La crise sanitaire a obligé les collaborateurs à communiquer par téléphone, sur Messenger avec les plus proches. Melody est reconnaissante de toutes les mesures de sécurité prises par la responsable de l’antenne. Elle ne s’est jamais sentie abandonnée même si la rareté des contacts lui pèse.

La solitude, elle l’a aussi vécu en famille. Pour protéger son compagnon, elle s’est imposée une désinfection totale à son retour à la maison ainsi qu’une distanciation physique. Même pas un bisou !

Melody l’avoue : elle n’est pas passée loin du burn out. Mais c’est mal la connaitre ! Melody a des armes secrètes qui l’ont aidé a surmonter ses difficultés : en premier lieu, la musique ! Melody a grandi avec une maman qui chantait en permanence… en faisant le ménage, sous la douche, tout le temps et partout. Fortement imprégnée de l’époque Mike Brant et du Club Dorothée, Melody a même enregistré un CD pour récolter des fonds pour une association qui lutte contre les maladies rares. Durant la période de confinement, elle a régulièrement partagé ses chansons sur les réseaux sociaux. Sa façon à elle de nous mettre un peu de baume au cœur !

A égalité avec la musique, Melody a une philosophie de vie qui passe par le SOURIRE. Tout va mieux lorsque l’on prend les choses en souriant !

Melody puise sa force dans le sentiment que les autres ont besoin d’elle. Et rien que pour ça, non seulement elle ne craque pas mais elle « EST LA ET BIEN LA » comme elle dit. Melody est aussi très lucide et affirme avec force et conviction que « si on nous donnait plus de moyens, les gens pourraient être maintenus plus longtemps à domicile en bénéficiant de suivi et de soins à la maison ».

L’Abrapa tire son chapeau à ce petit bout de femme dont la force et le dévouement appellent le respect.