Il était une fois une jeune femme dont le parcours personnel difficile l’a amené à découvrir sa vocation : œuvrer au service des autres, aussi bien auprès des plus jeunes que de nos aînés. Il s’agit de Rebecca, Assistante de Vie aux Familles, à l’antenne d’aide à domicile de Haguenau.

Comme elle le dit : « on ne choisit pas ce métier pour rien ni par hasard ». D’ailleurs, en plus de son travail à l’Abrapa, Rebecca consacre un peu de son temps libre à la Croix Rouge Française de Wissembourg. Pour elle, son choix professionnel est lié à son intérêt sincère pour l’autre. Clairement, c’est auprès des seniors que Rebecca s’est toujours sentie la plus utile. Pour elle, au-delà de la prestation rendue, c’est l’écoute, l’échange, en un mot la communication qui importent.

Les mesures de protection sanitaires ont donc impacté directement Rebecca qui a mis un point d’honneur à « ne pas rompre le fil » avec ses bénéficiaires. Elle a du expliquer à ceux chez qui elle assurait l’entretien du cadre de vie qu’il ne serait plus possible de venir en raison des risques sanitaires et du recentrage des activités sur les actes vitaux. Quel désarroi pour Rebecca de constater la tristesse et l’incompréhension des personnes âgées devant cette décision. Mais « POURQUOI ? », lui demandaient-ils tous. Si elle a du cesser bon gré mal gré de se rendre physiquement chez eux, elle a toujours maintenu le contact par téléphone afin de les rassurer.

Durant le confinement, Rebecca a continué d’assurer l’aide à la toilette. De caractère fort, elle y allait au début sans réfléchir ou plutôt sans vouloir réfléchir. Au fil du temps, au vu des désastres causés par le virus, elle s’est interrogée en se demandant quels risques elle faisait prendre aux autres. Inconsciemment, quand Rebecca partage son vécu, elle ne parle jamais d’elle mais toujours de l’autre ou des autres : sa famille, les bénéficiaires, les personnes qu’elle côtoie. Un exemple d’abnégation.

Après quelques semaines de confinement, l’absence de communication et les risques encourus l’ont touchée… Quelques larmes ont coulé mais très vite, c’est son sourire qui a pris le dessus car à la fin, ce sentiment « d’être attendue » la remplit de TOUT.

Il y a deux ans, Rebecca a pris une revanche sur la vie, lorsqu’elle a décidé de s’engager dans une formation de neuf mois à l’ESEIS afin de prouver – surtout à elle-même – qu’elle est « CAP’ ». Elle voulait passer du statut d’aide à domicile au statut d’ADVF… et elle l’a fait ! Et ce ne ce sont pas les difficultés liées à la crise sanitaire qui vont entacher sa motivation d’un iota ! D’ailleurs, le vœu qu’elle formule pour demain se résume à : « Continuons à aimer notre métier et à l’exercer avec passion ! Nous, les aides à domicile, on y allait chaque matin avec ou sans la boule au ventre… mais on y allait ! Et que seraient devenus nos seniors sans nous ? »