Un autre regard sur la maladie d’Alzheimer

Retour sur les ateliers d’aide aux aidants animés par Colette Roumanoff

Dans le cadre d’ateliers d’aide aux aidants, l’Abrapa, en partenariat avec la Collectivité européenne d’Alsace, accueillait Colette Roumanoff les 3 et 10 novembre derniers pour deux demi-journées de mises en situation participatives.

Découvrez son parcours en vidéo ainsi que des conseils pour les aidants confrontés à la maladie d’Alzheimer.

Merci également à Noémie Rauch, psychologue à l’Accueil de Jour Abrapa Oberhausbergen et à l’Hôpital de Jour Abrapa Germaine Bord de s’être prêtée au jeu des questions-réponses pour en apprendre davantage sur son rôle auprès des aidants et le déroulé des ateliers.

1) Quelles sont les principales difficultés que rencontrent les aidants ?
Les aidants doivent se faire à l’idée que la maladie s’insinue petit à petit dans leur quotidien et leur vie de couple entrainant des troubles du comportement et de la communication.
Ils doivent alors accepter que tout sera différent et qu’il faut changer d’angle de vue pour comprendre son proche différemment.

2) Quel est votre rôle ?
J’aide les malades à mettre des mots sur leur vécu et leurs ressentis par rapport à tout ce qui va changer. C’est souvent compliqué car ils n’ont pas eu un espace d’expression avant. Je leur donne l’opportunité de penser et de dire les choses à leur manière et de prendre le temps de les verbaliser même s’ils se répètent 4 fois. Ils ont une place en qualité de personne et pas uniquement de malade.
J’accompagne tout type de maladie de la mémoire : Alzheimer mais aussi des démences précoces, Maladie à Corps de Levy, troubles de la mémoire des suites d’un AVC…
Souvent le constat est « je ne peux plus faire les choses comme avant ». Mon travail conjoint avec le patient étant de capter ses ressources positives et de les valoriser : « De quoi êtes-vous capable ? Qu’est-ce qui vous fait encore vibrer ou du bien ? ».

3) En quoi ont consisté les ateliers ?
Colette Roumanoff propose de changer de regard et d’essayer de vivre les choses autrement via des mises en situation et des improvisations.
Et elle invite chaque participant à penser la maladie différemment au quotidien en faisant appel à son imagination et sa créativité. Elle souligne l’importance de l’observation et de de la constante adaptation pour éviter toute source de contrariété, d’angoisse ou de conflit avec le proche.
En définitive c’est un regard plus doux et plus serein envers son proche et envers soi-même en tant qu’aidant.

Au programme de ces 2 demi-journées :

  • Prendre conscience que son humeur a un impact sur son proche
  • Prendre du recul, réfléchir à notre posture, aux gestes et à l’importance du langage non verbal
  • Travailler sur la voix et l’affirmation de soi
  • Trouver des ressources pour trouver de l’apaisement et être serein face à son proche

4) Quelles sont les 3 choses principales que vous avez retenu de l’atelier ?

  • Ecouter son proche, l’observer pour essayer de comprendre sa réalité à lui à travers le prisme de la maladie
  • Faire appel à son imagination et sa créativité pour pouvoir se détacher de situations conflictuelles et changer d’angle de vue
  • Quoi qu’il arrive, on fait tous de son mieux, que ce n’est pas toujours évident de constamment s’adapter, de prendre sur soi en tant qu’aidant mais on est tous humain et on fait tous de son mieux

Cette mise en pratique avec cette approche théâtrale permet de rejouer certaines situations source de conflit ou d’angoisse dans le quotidien des aidants donc c’est intéressant de pouvoir éprouver et de réfléchir ensemble autour de ces situations.

5) Avez-vous senti les aidants mieux armés à l’issue des ateliers ?
Oui car ça permet de sortir du quotidien et de voir qu’on n’est pas seul à traverser ce genre de difficultés. D’avoir des exercices sur la voix, sur la respiration, sur les émotions c’est précieux.

6) Quelque chose à rajouter ?
Je pense que ça peut être une approche complémentaire au cycle d’aide aux aidants proposé par l’Abrapa sous forme de groupe de parole. De pouvoir vivre, rejouer, ressentir les choses à travers des mises en situation peut-être plus parlant pour les aidants.

Donner du sens à l’autre quand les mots perdent leur sens.

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