Après 10 ans passés à l’hôpital en tant qu’Aide Soignante faisant fonction, Émilie a rejoint l’Agence Dole Sud de l’Abrapa dans le Jura en novembre dernier. Son choix professionnel correspond à un choix de vie.

Entre la naissance de sa fille, un pépin de santé, l’intervention, les traitements, son nouveau travail, sa vie de famille et la vie tout court, son chemin n’a pas été un long fleuve tranquille depuis deux ans.

Pour notre entretien, Émilie a choisi de m’accueillir dans son jardin, assise sous un imposant cerisier, sous un ciel un peu bleu, un peu blanc… en compagnie de son chien Fifty.

Un environnement à son image : serein, calme et paisible.

Le calendrier a fait qu’Émilie a repris son travail après un arrêt maladie en pleine crise du Covid-19. Ironique, insensé, un défi de plus pour elle. Émilie s’est donc remise au travail en suivant son instinct de survie : « je travaille donc je suis en contact avec les autres, je travaille donc je vis ». Et pour elle, il ne s’agit pas de survie mais bien de VIE.

Récemment, sa responsable lui a proposé de travailler en binôme avec une collaboratrice en alternant matin et après-midi une semaine sur deux. Ce rythme convient parfaitement à cette jeune Maman qui souhaite dédier un peu de temps à sa fille.

Pour Émilie, personne fragile mais pas à risque, les protections étaient vitales. Malgré la pénurie de masques, elle s’est rendue au travail en trouvant parfois des solutions de fortune via des dons. D’ailleurs, elle tient à souligner la solidarité dont a fait preuve son environnement local.

Elle a constaté l’angoisse de nos bénéficiaires et s’est occupée d’une dame touchée par le virus. Lorsqu’elle se rend chez cette dernière, Émilie dispose d’une heure avant et après son intervention pour s’habiller, s’équiper, se déshabiller.

Pour Émilie, témoigner n’est pas anodin. Son message est un message de responsabilisation collective et individuelle :
« N’attendons pas la dernière minute pour agir, protégeons-nous encore et surtout en cette période de déconfinement. Nous avons gagné une bataille, pas la guerre. »